vendredi 24 novembre 2006

Le statut des universités, une réforme nécessaire.

La privatisation des facs ou encore le désengagement de l’Etat effraie les syndicats de gauche. Deux écoles s’affrontent à propos du budget alloué aux universités. La première tend trouver des financements extérieurs pour faire face à des engagements nouveaux (réforme des études visant une professionnalisation accrue, internationalisation…). La seconde souhaite un financement exclusif de l’Etat. Une troisième voie est nécessaire entre des universités totalement financées par le privé et des universités publiques, significativement financées par des ressources non gouvernementales. Pour cela, il faut que les universités aient une autonomie financière réelle, autonomie en matière de ressources et de dépenses, la puissance publique gardant cependant le devoir d'assurer un financement majoritaire, celui de fixer des règles et celui d'évaluer la pertinence et l'efficacité des dépenses effectuées. Dans un dossier consacré à la question universitaire publié au cours du mois d’octobre dans le Figaro, Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'universités (CPU) affirme sa volonté de changement. Les présidents doivent pouvoir, comme le font les chefs d'entreprises, arrêter des stratégies, décider de supprimer une filière, en créer une autre ou en doter une troisième de moyens supplémentaires. Ils doivent être aidés en cela par de véritables conseils d'administration dotés d'une réelle autonomie financière. L'État continuerait à en financer une partie mais les entreprises, comme elles le font dans le monde entier, pourraient aussi mettre de l'argent pour financer des filières qui les intéressent.» Notant enfin que les conseils d'administration représentent aujourd’hui «la somme de tous les lobbies présents dans l'enceinte de la fac que de véritables conseils d'administration».



Quels revenus pour les universités ?

Nous allons dresser une liste non exhaustives des revenus potentiels d’une université aux revenus autonomes.Premièrement, les commissions territoriales peuvent fournir des aides à l'investissement immobilier ou à la restauration d'immeubles et d’aides à l’équipement. Quant à l'argent des collectivités territoriales pour la recherche et l'enseignement, il demeure encore symbolique.Deuxièmement, les entreprises permettent surtout un financement des formations professionnelles.Dernièrement, l’argent des étudiants est un sujet tabou en France. En effet, il constitue la chasse gardée de l’UNEF qui en fait un dogme intouchable qu’il faut à toux prix défendre au nom de la sacro-sainte défense des étudiants. Désormais, toutes les tentatives des universités de percevoir des droits spécifiques se trouve attaquées en tribunal administratif. Utopie ! Cessons de vanter un enseignement supérieur totalement gratuit. Il faut à tout prix lever le tabou sur les droits d'inscription et dire que l'enseignement supérieur n'est pas seulement un investissement collectif nécessaire au développement économique et social des pays, mais qu'il est aussi un investissement individuel rentable, qu'il est légitime d'en faire payer les bénéficiaires et non l'ensemble des contribuables.




Et l’Etat dans tout ça ?

L'autonomie financière des universités est incontournable dans le contexte européen contemporain. Il faut cependant rappeler avec force que le système public d'enseignement supérieur doit être régulé par l'Etat. Il doit garantir une offre de formations stables, faire évaluer rigoureusement les dépenses des universités, doter les universités d'un gouvernement dans lequel ce ne sont pas les destinataires des décisions qui prennent les décisions et enfin organiser l'autonomie financière réelle et efficace des universités, et maintenir un réel effort financier en leur faveur

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Opposant de l'UNI, le Conseiller national des Jeunes UMP, proche de Nicolas Sarkozy, s'oppose à la pré-inscription en fac dès janvier des lycéens au nom de la méritocratie et de l'égalité des chances...

www.alexandretollinchi.com

Vincent ADELINE a dit…

A cela, j'aurais envie de répondre par une définition de l'objectif de mon blog. Il s'agit ici de développer mes positions personnelles et non pas de me faire le porte-parole d'un mouvement politique. Je peux rejoindre ce mouvement par mes convictions, mais je peux aussi tout à fait diverger selon mon opinion personnelle.