vendredi 24 novembre 2006

Où vont les syndicats étudiants de gauche ?

Un apolitisme en question
L’apolitisme des syndicats étudiants ne peut être que remis en cause quant on voit que leurs dirigeants ont marché main dans la main avec les grandes centrales syndicales et les divers partis de gauche. Mais de quel parti de gauche peut-ont les rapprocher ? Le pire des scénarios apparaît comme envisageable. Leur acharnement dans la crise du CPE et leur refus de négocier avec les instances représentatives dénote un déni complet de l’Etat, une négation des principes même de la démocratie. Le gouvernement du peuple, par le peuple conserve des limites bien cernées par la Constitution. Or, les tenors des syndicats étudiants semblent oublier une donnée importante. Certes, la rue élit ses représentants, mais ce n’est pas elle qui dicte la conduite du gouvernement. Il est d’ailleurs bien malheureux qu’aucun gouvernement ne soit capable de tenir face à ces pressions estudiantines. Parlons plutôt de pressions syndicales, jusqu’à preuve du contraire sans la mobilisation syndicale le mouvement n’aurait pas bénéficié d’une aura aussi particulière.

Une dérive anarchisante
Les médias, vecteurs fondamentaux dans la diffusion de cette révolte, ont éludé toute une part de la question étudiante. Bien content de mettre le feu aux poudres dans un contexte difficile, journalistes et reporters, n’ont présenté que l’aspect « positif » du mouvement. Cortèges, blocages et revendication des leaders syndicaux ont constitué les volets principaux de la médiatisation. Bien entendu, les violences urbaines étant à la mode, certains journaux ont souligné non sans intérêt une certaine dérive vers la violence. Triste constat cependant de ne se contenter que d’un schématique affrontement étudiants contre CRS. Un hommage rendu à mai 68 dîtes-vous ? Le raccourci a été tenté, repris et adulé par tous ces étudiants ravis qu’on leur donne une contenance. Mais qu’en est-il des destructions au sein même des universités, qui a eut le courage de dénoncer ces saccages systématiques ? Et c’est précisément sur ce point que le bât blesse. Il est maintenant avéré que ces nombreuses destructions sont à amputer aux occupants des facs composé de militants des syndicats étudiants. Décisions prise partie en Assemblée Générale. Est-ce une attitude responsable d’un syndicat étudiant ?

Anarchisme, tout mais pas le gouvernement, « raz le Q » de l’Etat clame la nouvelle campagne. Nous sommes en droit de nous demander sur quel terrain politique jouent ces syndicats. Exploration d’une nouvelle voie, radicalisation du mouvement ? Tout étudiant devrait légitimement se poser la question au lieu de subir des manipulations systématiques.

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