vendredi 24 novembre 2006

Flash back : l’assassinat de Pim Fortuyn

6 mai 2002, toute la Hollande apprend avec stupeur et indignation l’assassinat de Pim Fortuyn, leader d’un nouveau parti populiste. Neuf jour avant les élections générales, les Pays-Bas découvrent l’impensable, un militant de la cause animal, Volkert van der Graaf, met un terme à la carrière politique de Fortuyn. Elégant, charmeur, homosexuel ouvertement déclaré, Pim Fortuyn suit un parcours politique atypique. Il fut membre du parti socialiste néerlandais puis fonda un mouvement populiste, étiquette qu’il rejettera toujours. Le 26 novembre 2001, il fut élu lors des élections législatives de 2002, en tant que tête de liste pour le parti Leefbaar Nederland, nouvellement formé. Ecarté du parti à propos de déclarations contrastée sur l’immigration, Pim Fortuyn fonde son propore parti 11 février 2002 en vue des élections législatives, la Liste Pim Fortuyn (Lijst Pim Fortuyn, LPF). Bientôt rejoint par de nombreux membres et sympathisants du Leefbaar Nederland, le LPF devient un mouvement influent. Egalement porté par l’anti-conformisme de son leader charismatique, la liste remporte 36 % des sièges à Rotterdam lors d'élections pour le conseil de district, devenant ainsi le premier parti de la ville après trente ans de domination du parti social-démocrate.

Surfant sur la vague de son succès, Fortuyn se lance dans la course aux élections nationales. Les thèses sur l’immigration qu’il développe font la fureur des médias et de la communauté musulmane extrêmement implantée en Hollande. Néanmoins, l’objet de son courroux part d’un constat difficilement blâmable. Est-il normal que la majorité des immigrés ignore tout du pays où ils vivent ? De ses coutumes, de son histoire et même de sa langue ? Certainement pas ! Simple exemple. Qu’est-ce qui a fait le succès des politiques d’immigration aux Etats-Unis ? Précisément une intégration culturelle rapide et consentie. Ce fameux « melting-pot », véritable creuset culturel, a permis à des millions de migrants d’acquérir l’identité américaine sans pour autant renoncer à leurs croyances. A quel titre devrait-on blâmer un homme politique proposant une politique d’immigration légitime ? En quoi un tel programme va-t-il à l’encontre de l’islam ?

Pim Fortuyn a incontestablement été l’objet d’une profonde manipulation médiatique. A partir de thèses incomprises, la presse s’est ingénié à en faire le nouveau Le Pen, comme une source de fierté nationale. Or, avec un programme profondément novateur, Fortuyn n’a jamais représenté le conformisme traditionnel imputable au Front National. D’autre part, ses propos n’ont aucunement incité à la haine raciale, mais sont plutôt l’émanation implacable de la réalité actuelle. Les pays européens accueillent toujours plus de migrants, alors qu’ils connaissent eux-même des problèmes récurrents de logement et de chômage. A cela, deux solutions sont proposés. Les partis de droite apparaissent les plus pragmatiques. Fermer les frontières a été une solution évoquée Fortuyn, sélectionner les migrants est celle proposée et votée en France non sans opposition par Nicolas Sarkozy. De leur côté, les partis de gauche réagissent avec des œillères et réagissent systématiquement par la négative. Continuons à accueillir les migrants, augmentons le chômage, de toute manière le mal vient du capitalisme. Peut-on considérer comme raisonnable un parti tenant un tel discours ?

Sans nul doute, régler le problème de l’immigration constitue une donnée politique clef à l’heure actuelle, et sera très certainement un enjeu de la campagne présidentielle en 2007.

« Ségolène et les sept nains »

Ségolène a bien cru perdre pied dans la forêt des débats socialistes. Mais elle a finalement trouvé la chaumière accueillante de la rue Solférino. En masse, les militants socialistes ont réconforté leur idole. Avec une humilité forcée, les nains Strauss Kahn et Fabius sont rentrés du boulot. Le beau miroir des sondages avait donc bel et bien raison, Ségolène a devancé ces concurrents avec 61% des suffrages. Les deux outsiders, rassurés sur la fiabilité relative des sondages en début de semaine, ont pourtant dû se résoudre à une réalité qui ne faisait plus aucun doute. Que penser de l’investiture de Ségolène Royal ? L’annonce des résultats a engendré plusieurs réactions. Réactions unanimes de la part des « ségolistes », l’investiture est une suite logique à sa carrière. « Segolène est la candidate la plus apte à rassembler la gauche contre Sarkozy. » Le tout contre Sarkozy apparaît visiblement comme la priorité actuelle de la gauche française. Bien plus qu’un combat d’idées, il s’agit avant tout d’un combat de personne. Beau programme pour une présidentielle. Les militants socialistes viennent de donner naissance à la politique-people. Désormais, leur seule issue sera de promouvoir la présidente de Poitou-Charentes. Un véritable culte de la personnalité d’autant plus absurde que leur idole défend un programme inexistant et des idées d’un autre âge. Sous prétexte qu’il est temps qu’une femme dirige la France, les socialistes seraient-ils prêts à se jeter sur la première venue ? Apparemment il n’y a qu’un pas que les militants n’ont pas hésité à franchir hier soir. Une fois encore, on ne peut que regretter l’absence d’un véritable débat en face à face en dehors d’un cadre préparé et institutionnalisé. Si tel est la volonté des socialistes, laissons Ségolène attendre son prince charmant vers son palais élyséen… mais gare au méchant Sarko !

La gauche et les médias

La presse a été plus d’une fois l’objet d’un débat passionné lors des débats socialistes. Le premier a porter l’estocade est Laurent Fabius lors du dernier débat télévisé. Questionné sur la question militaire, ce dernier s’est estomaqué de la double casquette des grands industriels français. « Je ne trouve pas normal que les grands groupes de presse soient actuellement dirigés par les grandes entreprises de l’armement » lance-t-il. Comme une mission personnelle, l’ancien ministre de l’économie s’est engagé « si je suis élu président » à confronter ces entrepreneurs à un choix crucial. « Ils devront faire le choix de la presse ou le choix de l’armement. » Un point qui a le mérite d’être clair. Un point dangereux cependant. Le but ultime d’une tel mesure s’inscrit tout à fait dans la lutte de toujours contre le Grand Capital, mais elle pourrait être synonyme de graves difficultés économiques pour les groupes de presse. Quoi qu’en pense monsieur Fabius, les investisseurs ne courent pas les rues pour venir au secours d’une presse en déclin. Est-il dès alors adéquat de supprimer une part non négligeable de leurs ressources financières ? Prenons un exemple concret : que serait devenu Le Figaro sans l’entrée au capital du groupe Dassault ? Il aurait très certainement suivi le chemin tracé par Libération. Remettre en question de tels aides n’apparaît donc vraiment pas opportun. Pas étonnant d’ailleurs que ce projet très radical soit porté par le défenseur d’une gauche dure.


L’autre affaire qui aurait pu provoquer un tollé dans la sphère médiatique a été lancée dans le contexte de la crise actuelle du journal Libération. Une crise que l’on ne présente plus, mais qui s’inscrit aussi dans une lutte contre le Grand Capital. Edouard de Rothschild est en effet beaucoup plus perçu comme un parasite que comme un bienfaiteur. Comprenez, supprimer une centaine d’emploi est catastrophique. Mais que serait un dépôt de bilan pur et comparé à cette ultime tentative de sauvetage ? Edwy Plenel défendait de son côté un plan sans saignée salariale. Mais devant la crise actuelle du quotidien, cette solution ne pouvait être qu’écartée. Dans une interview au journal Le Monde, Arnaud Montebourg porte-parole de Ségolène Royal s’étonnait « qu’un projet qui cherche à sauver le journal en affichant une ligne éditoriale de gauche, ouvertement anti-Sarkozy, ne trouve pas d’argent. » D’une part, ce dernier semble oublier les investissements d’Edouard de Rothschild, précédents et futurs (à condition du moins que la SCPL cesse de s’offusquer de son plan de relance). D’autre part, un tel propos réclame indirectement une aide spéciale de l’Etat. Or, le gouvernement a déjà prévu une hausse de 22% des aides à la presse dans le budget 2007, soit quelques 274 millions d’Euros. « Aucun gouvernement n’avait jamais fait cela avant nous » précise-t-on à Matignon. Une nouvelle preuve s’il en est de la mauvaise foi chronique de la gauche française.

PS Academy

Ils ne sont plus que trois, jeudi soir le grand gagnant sera désigné par les militants du PS. C’est au cours de cette grand messe à l’investiture que l’on connaîtra enfin quel champion sera engagé dans la joute présidentielle. D’après les derniers sondages, Ségolène Royal sortirait du lot avec près de 37% des intentions de vote contre 27% pour Dominique Strauss-Kahn, l’outsider déclaré, et 11% pour Laurent Fabius, l’éternel dernier. S’il ne fait aucun doute que les débats de la chaîne Public Sénat ont clarifié les intentions de chaque candidats, l’incertitude demeure quant au vote final des militants. Le mystère demeure notamment parmi les nouveaux adhérents et les plus jeunes. En effet, les débats n’ont fait que souligner des réformes en demi-teinte et des programmes relativement immobilistes, pas vraiment de quoi conquérir un nouvel électorat. Les débats « ressemblaient à des monologues organisé par un accord entre les candidats » a même souligné Patrick Devedjian, proche de Nicolas Sarkozy. Au sein du PS, un débat aseptisé ne changera en rien la nomination du candidat. En revanche en externe, la conséquence directe est un affaiblissement des idées et du futur candidat. Toujours d’après monsieur Devedjian « lorsque la campagne démarrera, nous pourrons employer des arguments déjà utilisé dans les débats pour déstabiliser le candidat désigné. » D’or et déjà, chaque camp y va de son petit pronostic, chacun tente de déstabiliser les partis adverses. Ainsi, on ne s’étonnera qu’à moitié de la phrase d’apparence anodine de François Hollande : « Ségolène Royal est incontestablement la plus populaire » ou encore des diatribes de Dominique Strauss-Kahn à l’encontre de la président de Poitou-Charentes lui reprochant notamment une attitude « assez indigne. » Qui des trois candidats décrochera le précieux sésame ? Les militants décideront demain…

Ségolène, ou la nouvelle porte-parole de la mauvaise foi.


Affaiblie au cours des trois débats socialistes organisés par la chaîne parlementaire Public Sénat, Ségolène Royal a décidé d’opter pour une stratégie offensive. Au lieu de suivre le cheminement raisonnable d’une remise en question, la député de Poitou-Charente a jugé plus opportun de s’en prendre ouvertement à l’organisation des débats. Un dernier combat nécessaire pour redorer un blason terni par le talent oratoire de ces concurrents. Le combat de trop ?

Les accusations affluent de partout. Les proches de Ségolène Royal ont décidé de sonner la charge. Ségolène Royal a signé la déclaration de guerre. Ce combat apparaît néanmoins comme désespéré et contribue bien plus à affaiblir la candidate qu’à renforcer son image. Sous couvert de discrétion, « je ne veux pas polémiquer, c’est inutile » se convainc-t-elle, combien de gens parvienda-t-elle a leurrer ? Car c’est bien une attaque en règle qu’elle vient de lancer contre Jean-Pierre Elkabbach, le président de la chaîne parlementaire. Ségolène Royal met notamment en doute l'intégrité du président de Public Sénat. Elle souligne enfin une entente avec Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius dans une grande entreprise de désinformation et de déformation. « Il y a eu une forme de coalition pour dénaturer ou disqualifier certaines de mes propositions. Je regrette ce genre de démarche intellectuelle pas très honnête. » Une telle critique constitue une belle œuvre de mauvaise foi exacerbée. La critique de monsieur Elkabbach, journaliste de renom dont la réputation n’est plus à faire, est beaucoup plus facile que justifiée. ? Comment songer rien qu’une minute qu’il succombe à la plus vile des servitudes journalistiques ? Il n’y a qu’un pas que madame Royal n’a pas hésité à franchir. « Oui, j'ai vu Jean-Pierre Elkabbach se concerter longuement avec Claude Bartolone - proche de Fabius - pour lui expliquer quelles seraient les questions, comment le débat allait se dérouler » dénonce-t-elle outragée. Dans un entretien publié dans Le Monde, Jean-Pierre Elkabbach se défend de cette accusation éhontée : « C'est ridicule, avant chaque émission, je vais saluer mes hôtes. J'étais dans mon rôle. » Une mise au point qui n’a pas eut l’air de convaincre les proches de l’élue de Poitou-Charente. Malgré tout, l’égérie des sondages continue de surfer gaiement et fièrement sur la vague de son succès. A quoi bon discuter davantage puisque « les sondages me donnent de toute façon vainqueur de ce débat » se complait-elle.

Affaire à suivre…

Où vont les syndicats étudiants de gauche ?

Un apolitisme en question
L’apolitisme des syndicats étudiants ne peut être que remis en cause quant on voit que leurs dirigeants ont marché main dans la main avec les grandes centrales syndicales et les divers partis de gauche. Mais de quel parti de gauche peut-ont les rapprocher ? Le pire des scénarios apparaît comme envisageable. Leur acharnement dans la crise du CPE et leur refus de négocier avec les instances représentatives dénote un déni complet de l’Etat, une négation des principes même de la démocratie. Le gouvernement du peuple, par le peuple conserve des limites bien cernées par la Constitution. Or, les tenors des syndicats étudiants semblent oublier une donnée importante. Certes, la rue élit ses représentants, mais ce n’est pas elle qui dicte la conduite du gouvernement. Il est d’ailleurs bien malheureux qu’aucun gouvernement ne soit capable de tenir face à ces pressions estudiantines. Parlons plutôt de pressions syndicales, jusqu’à preuve du contraire sans la mobilisation syndicale le mouvement n’aurait pas bénéficié d’une aura aussi particulière.

Une dérive anarchisante
Les médias, vecteurs fondamentaux dans la diffusion de cette révolte, ont éludé toute une part de la question étudiante. Bien content de mettre le feu aux poudres dans un contexte difficile, journalistes et reporters, n’ont présenté que l’aspect « positif » du mouvement. Cortèges, blocages et revendication des leaders syndicaux ont constitué les volets principaux de la médiatisation. Bien entendu, les violences urbaines étant à la mode, certains journaux ont souligné non sans intérêt une certaine dérive vers la violence. Triste constat cependant de ne se contenter que d’un schématique affrontement étudiants contre CRS. Un hommage rendu à mai 68 dîtes-vous ? Le raccourci a été tenté, repris et adulé par tous ces étudiants ravis qu’on leur donne une contenance. Mais qu’en est-il des destructions au sein même des universités, qui a eut le courage de dénoncer ces saccages systématiques ? Et c’est précisément sur ce point que le bât blesse. Il est maintenant avéré que ces nombreuses destructions sont à amputer aux occupants des facs composé de militants des syndicats étudiants. Décisions prise partie en Assemblée Générale. Est-ce une attitude responsable d’un syndicat étudiant ?

Anarchisme, tout mais pas le gouvernement, « raz le Q » de l’Etat clame la nouvelle campagne. Nous sommes en droit de nous demander sur quel terrain politique jouent ces syndicats. Exploration d’une nouvelle voie, radicalisation du mouvement ? Tout étudiant devrait légitimement se poser la question au lieu de subir des manipulations systématiques.
Le statut des universités, une réforme nécessaire.

La privatisation des facs ou encore le désengagement de l’Etat effraie les syndicats de gauche. Deux écoles s’affrontent à propos du budget alloué aux universités. La première tend trouver des financements extérieurs pour faire face à des engagements nouveaux (réforme des études visant une professionnalisation accrue, internationalisation…). La seconde souhaite un financement exclusif de l’Etat. Une troisième voie est nécessaire entre des universités totalement financées par le privé et des universités publiques, significativement financées par des ressources non gouvernementales. Pour cela, il faut que les universités aient une autonomie financière réelle, autonomie en matière de ressources et de dépenses, la puissance publique gardant cependant le devoir d'assurer un financement majoritaire, celui de fixer des règles et celui d'évaluer la pertinence et l'efficacité des dépenses effectuées. Dans un dossier consacré à la question universitaire publié au cours du mois d’octobre dans le Figaro, Yannick Vallée, premier vice-président de la Conférence des présidents d'universités (CPU) affirme sa volonté de changement. Les présidents doivent pouvoir, comme le font les chefs d'entreprises, arrêter des stratégies, décider de supprimer une filière, en créer une autre ou en doter une troisième de moyens supplémentaires. Ils doivent être aidés en cela par de véritables conseils d'administration dotés d'une réelle autonomie financière. L'État continuerait à en financer une partie mais les entreprises, comme elles le font dans le monde entier, pourraient aussi mettre de l'argent pour financer des filières qui les intéressent.» Notant enfin que les conseils d'administration représentent aujourd’hui «la somme de tous les lobbies présents dans l'enceinte de la fac que de véritables conseils d'administration».



Quels revenus pour les universités ?

Nous allons dresser une liste non exhaustives des revenus potentiels d’une université aux revenus autonomes.Premièrement, les commissions territoriales peuvent fournir des aides à l'investissement immobilier ou à la restauration d'immeubles et d’aides à l’équipement. Quant à l'argent des collectivités territoriales pour la recherche et l'enseignement, il demeure encore symbolique.Deuxièmement, les entreprises permettent surtout un financement des formations professionnelles.Dernièrement, l’argent des étudiants est un sujet tabou en France. En effet, il constitue la chasse gardée de l’UNEF qui en fait un dogme intouchable qu’il faut à toux prix défendre au nom de la sacro-sainte défense des étudiants. Désormais, toutes les tentatives des universités de percevoir des droits spécifiques se trouve attaquées en tribunal administratif. Utopie ! Cessons de vanter un enseignement supérieur totalement gratuit. Il faut à tout prix lever le tabou sur les droits d'inscription et dire que l'enseignement supérieur n'est pas seulement un investissement collectif nécessaire au développement économique et social des pays, mais qu'il est aussi un investissement individuel rentable, qu'il est légitime d'en faire payer les bénéficiaires et non l'ensemble des contribuables.




Et l’Etat dans tout ça ?

L'autonomie financière des universités est incontournable dans le contexte européen contemporain. Il faut cependant rappeler avec force que le système public d'enseignement supérieur doit être régulé par l'Etat. Il doit garantir une offre de formations stables, faire évaluer rigoureusement les dépenses des universités, doter les universités d'un gouvernement dans lequel ce ne sont pas les destinataires des décisions qui prennent les décisions et enfin organiser l'autonomie financière réelle et efficace des universités, et maintenir un réel effort financier en leur faveur